Assurance de prêt immobilier : combien coûte un tel contrat ?

Publié le 22 février 2022 dans Assurance Emprunteur

Même s’il n’y a aucune obligation légale à souscrire une assurance de prêt immobilier, cette assurance est souvent exigée par les organismes de prêt et par les établissements bancaires. Pour ces organismes, c’est une mesure de sécurité qui garantit la bonne fin du crédit. Pour vous qui avez obtenu un crédit immobilier, c’est un contrat qui vous protège vous et vos ayants droit en cas de décès, d’invalidité, d’incapacité et de perte d’emploi.

Mais quel est le coût d’une assurance emprunteur ? De quoi dépend le prix de cette assurance ? Est-ce que le coût de l’assurance influence le coût du prêt ? Comment faire en cas de problème de santé grave ? Réponses dans cet article.

Le coût de l’assurance de prêt impacte sur le coût du crédit

Lorsque vous demandez un prêt immobilier, vous êtes aussi tenu de souscrire une assurance emprunteur, même si la souscription de ce contrat n’a aucun caractère obligatoire. Une fois souscrite, elle reste du tout au long du prêt. Si vous cessez de régler vos cotisations d’assurance, la validité de votre contrat sera remise en cause, et cela aura des conséquences sur votre prêt immobilier.

Même si les tarifs d’assurance peuvent changer d’une année à une autre, le changement reste minime. Contrairement au taux d’intérêt du crédit immobilier, le coût de l’assurance de prêt ne subit pas les fluctuations monétaires. Pour rappel, les taux d’intérêt changent en fonction des mouvements des emprunts d’États obligataires et de la politique commerciale des banques.

Bon à savoir : le coût de l’assurance est compris dans le coût global du crédit, comme c’est le cas des frais de garantie et des frais de dossier, et peut représenter jusqu’à 40% du coût total.

Les critères qui déterminent le prix de l’assurance de prêt immobilier

Le prix d’une assurance de prêt immobilier dépend de plusieurs critères :

  • De la nature du crédit
  • Du montant du crédit
  • De la durée du crédit
  • De l’âge de l’assuré
  • De l’état de santé de l’assuré
  • De la profession de l’assuré
  • Du fait que l’assuré soit fumeur ou non-fumeur
  • Des risques spécifiques (métier ou pratique sportive)

Les risques pris en compte par les assureurs

Avant d’accepter de vous assurer pour votre prêt immobilier, les assureurs vont se baser sur les risques que vous présentez, notamment les risques médicaux, les risques professionnels et les risques sportifs ou liés aux loisirs. L’analyse de ces risques leur permet de vous proposer le contrat d’assurance de prêt immobilier le plus adapté à votre profil.

Les risques médicaux

Vous devrez remplir un questionnaire médical et renseigner votre âge, votre poids, vos antécédents médicaux, vos problèmes de santé actuels, et le fait que vous soyez fumeur ou non. C’est ce qui va déterminer le coût de votre assurance emprunteur.

Les risques professionnels

Aux yeux des assureurs, certains métiers sont vus comme des métiers à risques. Par exemple, les métiers de sécurité (gendarme et policier), les pompiers, les militaires, les professionnels du bâtiment, les métiers où il faut manipuler des produits et des substances dangereux, et les chauffeurs routiers, entre autres. Si vous exercez un métier à risque, votre assureur vous proposera une assurance spécifique.

Les risques sportifs et de loisirs

Un autre risque pris en compte par les compagnies d’assurance en ce qui concerne l’assurance de prêt immobilier est celui lié aux sports et aux loisirs. Si vous pratiquez de la plongée sous-marine, de l’équitation, des sports nautiques, des sports aériens ou des sports mécaniques, de manière régulière ou dans le cadre de votre métier, votre prime d’assurance sera calculée en fonction de ces risques.

Le calcul du coût de l’assurance de prêt immobilier

C’est le TAEA ou Taux Annuel Effectif Assurance qui détermine le coût de l’assurance de prêt immobilier. Il s’agit là d’un indicateur exprimé en pourcentage du capital initial. D’ailleurs, depuis 2014, il est obligatoire d’indiquer le TAEA dans tous les documents précontractuels et contractuels des offres de prêts. Le calcul du tarif de l’assurance emprunteur peut se faire sur la base du capital initial ou sur la base du capital restant dû.

Alors que les établissements bancaires s’appuient sur la base du capital initial, les compagnies d’assurance préfèrent l’option du capital restant dû. Il est d’ailleurs nécessaire de souligner que la différence de coût pour le même taux d’assurance peut être assez importante en début de prêt, et que cela dépend grandement de l’option de calcul choisi.

Le capital restant dû

Chaque année, le montant de votre prime d’assurance de prêt évolue. Cela se fait en fonction de l’amortissement du capital. En début de prêt, les cotisations peuvent être plus importantes, sachant que les mensualités se composent majoritairement d’intérêts. Au fur et à mesure, lorsque le capital est remboursé, la prime d’assurance est réduite. Bien que cette méthode de calcul semble plus avantageuse, elle peut être assez inconvénient en cas de remboursement anticipé du prêt immobilier.

Le capital emprunté

Dans le cas où la méthode de calcul basée sur le capital emprunté, la cotisation reste inchangée de la première à la dernière mensualité du crédit immobilier. En effet, la base de calcul est le capital de départ et pas la somme due au fil des années. Le calcul se fait assez simplement : il faut multiplier le montant du capital emprunté par le taux d’assurance et diviser le résultat en 12 mois.

La convention AERAS et les problèmes de santé

Si vous souffrez ou avez souffert d’une maladie grave, vous pourriez rencontrer des difficultés à obtenir un crédit immobilier. Et si les organismes de prêt acceptent de vous couvrir, une surprime est généralement appliquée sur l’assurance de prêt, car pour eux, vous présentez des risques accrus. Heureusement, il y a la convention AERAS (s’assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé).

Ce dispositif permet aux personnes souffrantes ou ayant souffert d’une maladie grave d’assurer leur crédit sans surprime ni exclusion. La grille de référence de la convention est revue chaque année pour être en phase avec les progrès de la médecine. De nouvelles maladies éligibles au dispositif sont aussi ajoutées.

Enfin, la convention AERAS permet aussi aux anciens malades du cancer de bénéficier du droit à l’oubli. Cela veut dire que ces personnes ne sont pas contraintes à déclarer leur ancienne pathologie dans le questionnaire de santé après 10 ans de guérison sans rechute, et après 5 ans pour les cancers juvéniles.